Le chacal de Sherbrooke

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Journal d’un éclopé -Premier symptômes

V 17h00

Tout ce qui monte doit redescendre. Tout ce qui part doit revenir. La clef dans le contact, les yeux inversés et le cœur sur les lèvres, nous quittons le Lac-Saint-Jean. Nous enchaînons les kilomètres au même rythme que l’épuisement prend gîte en nos corps. Mes paupières s’agitent subrepticement d’abord, puis il devient évident que je ferai un copilote aussi efficace qu’un gardien de but unijambiste. Le sommeil m’envahit. Le conducteur ne m’en tient pas rigueur, il doit lui-même se reposer à yeux clos quelques minutes lors d’une halte que nous rendîmes beaucoup trop longue.

C’est avec peines et misères que nous parvenons finalement à traîner nos misérables carcasses dans ma ville brune. Je prendrai ce jeudi très peinard tant je suis épuisé. De toute façon, j’aurai les trois prochains jours pour renouer avec mes salauds préférés.

 

S 11h00

Vendredi matin, agréable réveil d’un museau trop mouillé à mon goût qui décape ma mâchoire. Je suis aussi content de te revoir Cerbère (mon chaton). À peine a-t-il fini de remplir sa mission, qu’il me sait désormais réveillé, qu’il obtient ses trois ou quatre caresses matinales avant de retourner téter le bout de tissu qui lui sert de suce. Spectacle écœurant. Comment 1 kilo de félin peut-il produire 12 galons de salive?

 

12h00

Le soleil est à son zénith. Du moins, derrière cet opaque mur de stratus qui se dressent fièrement comme rempart à la joie de vivre. Enthousiaste à l’idée de revoir mon coloc et davantage à l’idée de dilapider une fortune que je ne possède pas, je propose d’aller magasiner. À peine sommes-nous pénétrés dans le véhicule que mon organisme s’est mandaté de fournir l’Amérique du Nord en mucus. Pas un instant ne passe sans que je ne ponctue la mélodie de la vie d’un reniflement ou d’un tonitruant bruit d’homme sale se vidant les nasaux. J’ai mal au dos, je suis mort de fatigue malgré les heures passées à récupérer.

 

16h00

Un accord de libre-échange a été ratifié. La production s’intensifie. Désormais, il faudra fournir toute l’Amérique des deux hémisphères! Du moins, c’est ce que ma première boîte de mouchoirs déjà vide m’annonce. Je blague avec mon coloc que j’ai la grippe, que je vais mourir d’ici la fin de la soirée. Il ne me manque que la fièvre!

 

17h00

J’en ai marre de me sentir comme ça. Sortez l’artillerie lourde! D’un seul coup et surtout avec la plus grande conviction, je me fais la fameuse soupe jaune. Grippe, si jamais tu avais pensé une seule seconde m’avoir, tu me sous-estimais.

17h10

J’avale tout d’un trait

17h11

J’ai la nausée comme jamais.

18h00

J’appelle mon coloc avec fierté. Nous avions argumenté pendant une heure comme quoi j’aurais la grippe et il refusait de le croire. Je fais maintenant de la fièvre! C’est avec un sentiment d’accomplissement que je tente de le rejoindre en vain.

18h08

J’en ai marre de la fièvre.

19h00

Voilà déjà une heure que je me bats avec moi-même. Je ne devrai pas l’appeler. Je risquerais de l’inquiéter. Pourtant, elle, la plus illustre de toutes les femmes, celle qui me connaît de fond en large, celle pour qui je donnerai ma vie et qui, en retour, m’hurlerait de ne même pas y penser une seconde tant l’idée est stupide : maman. Allez, après tout, qu’est-ce deux petites minutes de plaintes peuvent bien faire. À la limite, elle saura me confirmer ou m’infirmer ce que j’ai. Pour deux minutes, je serai celui pour qui toute l’attention sera détournée.

Je dois rappeler à 20 heures.

20h00

Être un homme, c’est bien beau, mais devant sa mère, ça ne compte pas tout ça. Je saisi le combiné et je l’entends au bout du fil. Mes deux petites minutes de gloire du fils miséreux, vulnérable, je suis prêt. Résultat : j’apprends que mon frère a la même chose depuis jeudi et qu’on vient d’hospitaliser ma grand-mère. Bon, pour l’exclusivité, on repassera…

novembre 4, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | Pas encore de commentaires

Journal d’un éclopé

Mes semaines de relâche ont toujours suivi un cycle aussi régulier que celui des saisons. L’hiver correspondait aux premiers jours, régulièrement un seul soir, où je restais seul à la maison à jouir d’un peu de solitude, emmitouflé dans une chaude couverte. Ensuite survenait le printemps. Sortant de mon cocon, je saisissais la première fin de semaine de congé pour éclore de mon cocon. Me croyant complètement revigoré des innombrables privations causées par la folie de l’université en une seule soirée de repos, j’étais prêt à voler de mes propres ailes. Nous nous regroupions paisiblement entre compères, pot-pourri de nouvelles actuelles mélangées aux vieux souvenirs nostalgiques que l’on ramène sans cesse.

Venait ensuite l’été. J’ai toujours aimé l’été. C’est pourquoi, contrairement à cette saison qui dure l’espace d’un battement de cil au Québec, je m’assure d’en faire le rempart de ma semaine de relâche. Nous fêtons, multiplions les activités, du misérable bowling à l’inattendu road trip de plusieurs centaines de kilomètres nous ne savons où.

 

Le tout se termine avec l’automne…cette fameuse saison. À l’instar de celle-ci et de la décrépitude des végétaux, tout mon être, épuisé après tous ses excès, plonge dans une profonde torpeur et c’est avec le système immunitaire déficient que je me retrouve avec toutes sortes de cochonneries (sinusite, rhume, influenza, amygdalite, etc.)

 

Cette année, cependant, je change la formule. J’ai « maturé ».  Plus sérieusement, je décide d’opter pour une formule pro-relaxation. C’est pourquoi dès mon arrivée à Rimouski le samedi, je m’isole tranquillement. Jusqu’au mardi soir, mes journées sont composées de lectures, de succulents mets maternels, d’errance au sein du petit bois qui orne la cour extérieure, de longues discussions paisibles avec les géniteurs tout en jouissant –bien malgré moi- pleinement d’une télévision HD et du rendement offert.

 

Que disait le vieil adage? Chasser le naturel et il revient au galop. Ah. Pas fou. Il suffit à Bill de me proposer d’aller en virer une bonne à Alma à 20h le soir qu’aussitôt je fonce annoncer à ma mère que je prendrai l’autobus de 8h le matin de Rimouski vers Québec.  Ayant fait depuis longtemps le deuil d’avoir un fils aussi épais, elle se résigne à ne point argumenter. De toute façon, si elle l’avait fait, aurais-je vraiment eu besoin d’y rappeler l’aubaine de faire 600 kilomètres pour bénéficier de verres à 75 cents!

 

Mercredi, beaucoup, beaucoup et encore trop de route. Après huit heures et trente minutes de trajet, nous parvenons à Alma dans un motel miteux où le réceptionniste qui nous reçoit se retient à peine de s’époumoner que nous sommes deux homos à la manière qu’il nous regarde. Son dernier avertissement teinté d’un clin d’œil : « Amusez-vous comme vous voulez, mais ne brisez rien » finit de me convaincre.

Donc, bonne virée. La seule au programme cette semaine et le destin m’y forcera. Voyez-vous, même avec toute la volonté du monde de bien faire, le désir de fêter qu’une seule et maigre fois (n’est-ce pas là ridicule pour un étudiant d’université en relâche…en « lecture » pardon.),  je me retrouvai cloîtré et cloué au lit avec une fantastique influenza.
Plutôt que de m’en plaindre constamment à quiconque –mon coloc étant mon principal exutoire déjà-, j’ai décidé d’en rire en tenant un petit journal de l’évolution de la maladie que je publierai plus tard.

À tous les paranos du H1N1, vous pourrez enfin avoir un élément de référence. À ceux qui aiment se moquer injustement et méchamment des autres, vous serez servis. À ceux qui procrastinent, me lire entre deux vidéos de chattons qui vomissent et de pranks d’Halloween pourra peut-être vous « dédébiliser » un moment. Finalement, à tous ceux et celles qui souhaitent passer un moment de qualité et donner de leur temps dans un but instructif, cohérent et surtout pertinent, je vous invite à fermer tout de suite cette fenêtre. Dommage que je sois déjà rendu à la fin de ce billet.

novembre 2, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | Pas encore de commentaires

Aveu musical

J’ai ce blogue pour traiter de tout, déblatérer sur des sujets ludiques, multiplier les élucubrations sans queue ni tête, donner des opinions. À plusieurs reprises, la tentation m’est venue d’y traiter parfois de sujets quelque peu sentimentaux.

D’un côté, j’écris pour me libérer, partager. De l’autre, offrir une vision omnisciente de certains aspects privés de ma vie ne demeure pas si tentant. 

Heureusement, je crois qu’il n’existe pas une émotion, un sentiment, une impression qu’on ne peut dégager par la musique. Petit clin d’oeil à ceux qui me connaissent bien. Aux autres, je vous invite tout simplement à découvrir un groupe aux multiples facettes et au grand talent.

I speak in many tongues to many men;
Argue with angels and I always win,
But I don’t know the first thing about love.

I prophesize and know all mysteries;
All hidden things are opened up to me
But I don’t know the first thing about love

I have the keys to open any door;
I give all of my possessions to the poor,
But I don’t know the first thing about love

And moving mountains ain’t no thing to me;
I’ve faith enough to cast them to the sea,
But I don’t know the first thing about love

But all other things shall fade away;
While love stands alone and still holds sway
All other things shall fade away;
Into the ground into the grey.

I give my body up unto the flames;
And never once have I denied your name
But I don’t know the first thing about love.

octobre 9, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | Pas encore de commentaires

Dédale littéraire

**Texte retrouvé parmi bien d’autres, celui-ci était destiné pour un TP dans un cours de rédaction**

 

On assistait à un été tardif qui en dépit des normes fixées par le calendrier refusait de mourir. Octobre venait de s’entamer, mais nul n’aurait pu le prédire si ce n’eut été des quelques feuilles timides qui rougissaient sous le joug de la nouvelle saison. Une vieille carcasse se traînait misérablement, faisant bêtement contraste avec cet environnement féérique.

S’adossant un bref moment sur ce qui aurait dû s’avérer du bois, elle se raidit, sa fierté et son orgueil lui donnant l’énergie suffisante pour se redresser adéquatement sur le poteau. Son regard émeraude brillait de sa toute dernière lueur d’arrogance avant de tomber dans l’obscurité la plus totale, voilé par ce haillon pestilent qu’on venait de lui enfiler de force. Son corps jadis souple se contractait douloureusement, mais la raison lui rappela de ne rien laisser paraître, il ne devait laisser cette fourbe gagner. 

La tension dans ses larges mains se dissipa aussi vite que celle qui maquillait son visage. Pour oublier l’inimaginable à venir, il chargea ses poumons de l’air vicié de l’endroit. Cette cour lui apparaissait sale, crasseuse, comme si la grande faucheuse elle-même venait y répandre l’odeur âcre du sang mélangé à celle immonde et paralysante du souffre. Il la savait omniprésente, à l’affût tel un fauve guettant sa proie. Toutefois, il sortirait de cette épreuve vainqueur.

 L’homme désirait lui offrir un sourire narquois mais ses muscles, affaiblis et épuisés après tout ce temps, ne dessinèrent qu’un mince rictus quasi imperceptible. De cette tanière pour la mort, il y voyait le sanctuaire de salut.  Les autres qui étaient passés par ici avant lui clamaient que cet endroit s’avérait être le cimetière de l’espoir. Lui n’y voyait que l’absolution de sa souffrance.  Désormais face à cette absence de terreur dont il s’enorgueillissait, il l’entendait rager, hurler, injurier tout autour d’elle. L’inévitable approchait. Quelques secondes seulement séparaient le passage d’une vie à un autre.

Tout le tumulte des ordres vociférés du lieutenant, des cris de réponses de ses laquais et de ce brouhaha provoqué par ce qui surviendrait commença. À travers cette cacophonie, un dernier rire franc et bien fort s’éleva vers le ciel. Les projectiles jaillirent des tubes et se logèrent dans la chair, à présent inerte. Une âme en paix filait vers le firmament, rattrapant les derniers échos de ce rire provocateur que la Mort n’oubliera jamais.

septembre 18, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | Pas encore de commentaires

Nostalgique magie

Voilà de nombreuses semaines que je n’ai pas pris la peine d’écrire sur mon blogue. Le chacal était ailleurs. Je planchais sur d’autres petits trucs de rédactions et pour être bien franc, après s’être efforcé de pondre quelques écrits littéraires, l’envie de partager mes opinions était loin derrière.

Ensuite, il y a eu et il y a encore la rentrée. Retour aux cours. Retour à toutes les activités et retour dans un univers mirobolant et envoûtant de la communication. Toutefois, toute la nervosité et la joie de revenir parmi les miens se sont beaucoup trop rapidement estompées.

Je suis un nostalgique. Je me remémore la magie lors de notre initiation l’an dernier. Je me souviens les semaines d’intégration, la fébrilité, les surprises, la force qui nous unissait. Et puis le temps fait son œuvre. Telle une simple réalité sociale, la grande cellule initiale se fragmente, se ramifie en plusieurs petites strates. Ce qui était originellement qu’un large noyau n’est plus qu’un pépin aux centaines d’appendices.

 

Oui, je sais, il est normal que les gens se regroupent en petites « cliques » plus unies. Malheureusement, je suis davantage du cadre de la masse plutôt que de la division. J’ai toujours eu tendance à me promener partout, à chercher constamment le moyen de me retrouver à tous les endroits en même temps et surtout de participer à tout ce qui se fait. N’essayez pas de me prouver que j’ai tort, suffisamment de personnes l’ont fait avant vous. I am what I am, that’s it.

 

On me reprochera d’être incapable de faire preuve de sincérité dans mes relations si je ne puis jamais me concentrer sur une seule personne en même temps. L’erreur se situe là. Je considère, après témoignages de pairs que j’estime particulièrement et que j’ai l’impression obtenir le même respect en retour, savoir faire preuve d’une réelle empathie et une profonde amitié pour ceux avec qui je vis le moment présent.

 

Donc, je suis de retour. Bonjour. Je me dis que je retrouverai la folle vie de Sherbrooke. Faux. Ma cohorte et la suivante semblent avoir tourné la page. L’an dernier, nous nous étions soudés dans une merveilleuse symbiose et cette union se poursuit cette année. Toutefois, cette perte de motivation pour les activités semble alors autant affecter les deux groupes.  Vous me direz qu’il est normal que les gens vieillissent, vivent pleinement leur « trip » et passent à autre chose. Vrai. Le monde des adultes se rapproche inexorablement.  Comprenez-moi ou du moins, essayez de le faire à partir de cette analogie. Lorsque j’ai cessé d’obtenir des cadeaux à ma fête et à Noël, je n’ai pas fait de crise. J’étais devenu assez vieux pour quitter ce monde fait de bonbons et d’arcs-en-ciel de la jeunesse. Je vous mentirai toutefois si je disais n’avoir jamais eu le moindre pincement au cœur malgré tout.

Entrer dans ce « vrai » monde que tant de personnes semblent répugner après quelque temps est une chose. L’accepter avec le grand sourire en est une autre.

 

Donc, pourquoi tergiverser de tout cela? Parce que j’ai frappé un mur. J’ai toujours voulu faire partie de tout aussi dans l’espoir d’offrir aux gens de belles opportunités. J’ai décidé de changer mes projets pour l’été dernier de manière à rester à Sherbrooke afin de créer une initiation jamais vue. Force est d’admettre que les commentaires qui en résultent sont excellents et que le comité dont je faisais partie a complété avec brio son mandat. Nous, et par nous j’entends ce comité ainsi que tous les étudiant-e-s qui prennent de leur temps afin d’organiser et d’accroître la qualité de la vie universitaire, avons sacrifié tellement d’heures et d’énergie à essayer d’accomplir de grandes choses. Nous sommes probablement parvenus à le faire d’une quelconque façon.

 

Cependant, depuis ce retour, j’ai l’impression que tous les efforts faits n’aboutissent pas. Certes, nous avons des réactions positives, de l’aide et des remerciements que je n’oublierai jamais, j’en fais le serment. Toutefois, en dehors de cette masse dans laquelle je me complaisais tant se trouvait, même pour moi, quelques fragmentations de moteurs d’encouragements et de motivations qui semblent désormais aussi blasés les uns que les autres.

 

Nous nous donnons corps et âme pour tenter de faire plaisir à un maximum de gens et pourtant, cette année, rien ne semble y faire. Que se passe-t-il? Une étape de franchie tout simplement? Peut-être.

Seulement, le tout demeure blessant. À peine hier encore, je tentais de motiver quelques étudiant-e-s que je n’ai pas pu tant voir ces derniers mois à se joindre à notre prochaine tournée des bars et tous m’ont critiqué en arguant que je tentais vainement de vendre des billets parce qu’il m’en restait. C’est extrêmement blessant de voir une personne que l’on apprécie qui se sent initialement désirée par soi pour des questions monétaires ou quoi que ce soit. Je considère valoir mieux que cela et à mes yeux, il en va de même pour elles.

Je peux me tromper sur toute la ligne, ce ne serait pas la première fois. Je suis quelqu’un d’intuitif et je sens perpétuellement une sorte de tension dans l’air depuis la rentrée. Je n’ose seulement espérer que je n’en suis pas partiellement ou complètement responsable. Néanmoins, qu’importe ce que vous puissiez croire de mes intentions, I care. Je l’ai toujours fait et je continuerai à le faire.

 

J’ai seulement l’impression de faire tant d’efforts pour si peu. Nouveaux, je tente seulement, maladroitement peut-être, de vous transmettre la flamme de notre passion. Anciens, cessez donc de croire que je viens d’abord vous voir pour les activités uniquement dans le but de gonfler nos effectifs ou pour vous soutirer des fonds monétaires. J’ai moi-même donné tant de temps, d’énergie et même d’argent dans toutes ces choses. Je veux seulement continuer de croire que j’ai donné ces ressources et non pas gaspillé comme j’en ai actuellement l’impression.

 

Je ne blâme personne en particulier, je ne vise et attaque aucun cas précis. Je suis simplement un peu morose ces derniers temps. Depuis le début, on me dit que quelques jours suffiront à tout replacer. Ces jours ont passé et rien n’a changé. Je ne veux pas me plaindre directement à quelqu’un, c’est pourquoi je ne fais que recracher toutes ces mauvaises idées à l’écrit sur un blogue quelconque afin de me donner la conscience tranquille.

 

Oui, nous vieillissons. Oui, les choses changent. Peut-on seulement en vouloir à un homme qui ose une dernière fois souhaiter passer un dernier Noël en compagnie du sympathique grassouillet vêtu de rouge et croire encore aux farfelues fariboles de la jeunesse? N’y-a-t’il aucun moyen d’encore une fois allier la véritable vie avec une pincée de folle magie afin d’illuminer ce monde qui ne devrait jamais être terne comme il l’est présentement?

septembre 11, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | 2 commentaires

L’article que vous serez incapable de lire au complet

Récemment, nous étions regroupés quelques amis lorsqu’une fille fait mention de mon colocataire. Elle demande à une seconde, qui l’a vu, si l’homme avec qui je partage le bill du loyer est beau. La réponse, bien qu’affirmative, se teinte d’un mais : Il débute un baccalauréat en philosophie.

Ma première réaction, plutôt que de défendre son intérêt éducationnel, est de mentionner qu’il aimerait se tourner vers l’enseignement. Certes, il compte le faire. Certes, il serait doué pour cela. Pourtant, il n’y a aucune honte à la philosophie, et enseignement ou non, la carrière que l’on en fait ne change absolument rien. Qui plus est, un ami renchérit que voilà l’exemple typique d’une boucle inutile.

« On enseigne la philosophie pour donner le goût aux gens d’aller en philosophie pour ensuite qu’ils enseignent…la philosophie! »

Bon. J’aime bien mon coloc, la philosophie également, mais nous avons autre chose à faire que débattre là-dessus lors d’un barbecue entre copains. Seulement, cette réaction est la preuve parfaite que l’ignorance peut créer de bien mauvaises choses.

 

Je crois, au contraire, que la philosophie est l’une des bases trop négligée de notre société. Adhérez ou non à mon opinion, je m’en préoccupe autant que de savoir qui feront les séries au base-ball cet été. Seulement, aux curieux, aux procrastinateux,  aux esprits ouverts et à tous les autres qui pourraient prendre le temps de lire ce qui vient, peut-être cela vous donnera une vision différente de cette discipline. Vous comprendrez au moins ce qui m’y attache.

 

Primo, tout le monde philosophe et même à chaque jour. Selon le Petit Larousse, philosopher signifie Tenir une réflexion sur des problèmes philosophiques ou argumenter, raisonner sur un sujet quel qu’il soit. On pourra alors me reprocher que de discuter de la mort, la morale universelle,  la place de l’Homme dans l’Univers, c’est chiant. À priori, je vous dirai que chaque action que vous faîtes dans une journée est mue par une morale, une volonté, un enseignement de valeurs  enseignées et réfléchies et que voilà que vous vous êtes retrouvé à philosopher un jour sans même le savoir, sans même le vouloir.

Peu importe votre religion, vos croyances, si vous avez pris la peine de vous demandez ce qui arrivera le jour où vous mourrez, ce que vous feriez si vous gagniez un million de dollars, ce que vous devriez faire de votre vie pour rendre le monde différent, vous avez philosophé. Et à moins d’être la pire larve intellectuelle, de vous empiffrez en excès de téléréalité et d’autres trucs débiles et que vous n’ayez pas la moindre opinion sur quoique ce soit, vous l’avez fait.

 

Deuzio, si la seule image de la philosophie que vous ayez est le Penseur de Rodin, je vous comprends d’éprouver une aversion pour cette discipline. On enseigne la philosophie pour les futurs enseignants de philosophie. Vraiment ? Épicurien, stoïque, cartésien, platonique, machiavélique, marxiste, freudien, etc. Vous croyez que ces mots sont tous d’origine latine, grecque ou quelconque Ils proviennent tous de philosophes, de courants de pensée. Des bons à rien assis sur une roche, des futurs enseignants de philosophie ? Allez dire ça à Galilée, Karl Marx, Sigmund Freud, Marc-Aurèle, François-Marie Arouet (Voltaire), John Locke (non, pas le gars de Lost). Astronome, physicien, inventeur, sociologue à sa façon, psychiatre, empereur romain, écrivain, le penseur du libéralisme. Ils avaient plus à faire que de se laisser choir sur un siège et de compter les nuages.

 

-          Je pense donc je suis.

-          Le cœur à ses raisons que la raison ignore.

-          Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait.

Si vous saviez le nombre de vieux adages que l’on entend en boucle et qui ne proviennent pas du souffle de la Terre, mais bien de simples hommes qui se sont questionnés.

Ces hommes ont su se démarquer parce que, comme la philosophie leur a appris, ils ont refusé de se soumettre aux évidentes certitudes des époques, de toujours remettre les choses en question. En refusant de se contenter de ce qu’on a, on pousse nos limites toujours plus hautes et on peut atteindre la quintessence de ce que l’on produit.  Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien disait Socrate.

 

Tertio, lorsque vous vous trouvez dans une impasse, incapable de savoir quoi penser tant l’issue vous semble irréelle, intangible, croyez-vous vraiment être la première personne depuis le début de l’humanité à vous trouver dans cette situation? Avant que vous vous répondiez, je tiens à vous dire que nous sommes 6,5 milliards actuellement, mais qu’avec tous nos prédécesseurs, ça fait du monde à messe…

 

Le deuil, les peines d’amours, le mode vie adéquat, l’Homme y réfléchi depuis déjà des millénaires et vous seriez surpris de lire ce que certains peuvent en dire. Outre un marqueur temporel, peu de choses tendent parfois à nous séparer de nos ancêtres. L’histoire de la trilogie La Matrice tire son origine de l’allégorie de la caverne, racontée par Platon il y a plus de deux milles ans…  

 

Vous seriez surpris de constater l’influence de la philosophie si vous preniez le temps. Elle influence les sphères de la politique, de l’économie, de la culture quelle qu’elle soit et bien d’autres. Informez-vous. Nul besoin de lire la version intégrale latine du « Cogito Ergo Sum » de Descartes pour commencer. Allez-y avec ce quoi vous croyez, ce qui vous intéresse et questionnez-vous, recherchez ce que d’autres ont pu en dire. Comparez, jugez, réfléchissez.

 

L’amour, la mort, le destin, l’âme sœur, pour quel parti voter, la peine de mort, l’amitié, la famille, le courage, l’honneur, la fidélité, le vice, notre système d’éducation, de santé, les sujets traités dans le dernier film que vous ayez vu, le dernier livre que vous ayez lu, l’opinion que vous portez face aux décisions de vos proches, la mode, etc. Si vous saviez le nombre de fois où vous devez prendre le temps, aussi minimal soit-il, de vous forger une opinion pour suivre une voie. Autrement, vous êtes probablement une sous-merde qui se laisse dominer sur TOUS les plans de votre vie et vous n’avez pas la moindre opinion. Je vous plaindrai dans pareil cas.

 

Sinon, vous avez philosophé. Pire encore! Si jamais vous avez pris la peine de partager vos opinions avec vos pairs, de les comparer, de les justifier, vous avez philosophé en groupe. Les cours de philo du Cégep tentent seulement de vous inculquer une méthode adéquate pour penser, réfléchir. Une façon structurée de façonner ses idées et sur quoi les baser. Cracheriez-vous sur quelqu’un qui tente de vous apprendre à mieux respirer, mieux manger, mieux dormir, enfin toutes les actions que vous faîtes consciemment ou non chaque jour, comme penser.

 

…Tu sais, coloc, moi j’approuve ton choix et j’en suis fier. Les gens diront ce qu’ils voudront mais j’espère juste qu’ils prendront le temps de comparer le point de vue présenté ci-haut avant de se moquer de ton choix et de notre intérêt partagé pour cette discipline négligée.

juillet 31, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | 3 commentaires

Les oiseaux se cachent pour mourir II

Je parlais de ma récente malchance avec les volatiles, ou plutôt de la leur à mon égard. J’ai découvert que j’étais aussi un catalyseur à vieille conne sénile.

Je m’explique.

Je reviens du travail, je suis quelque peu endormi, comme à chaque fois. Je roule sur la 10-E. Pour vous donner une idée, l’autoroute 10 est composée de deux fois deux voies qui sont séparées par minimum quinze pieds de terre.

Donc, je suis sur la 10-E, dans la voie de droite. Je décide d’effectuer un dépassement à 110 km-h (mon slash ne fonctionne plus…). Je m’impose dans la voie de gauche, prend une demi-seconde pour changer de chanson sur mon ipod et lève la tête. Un véhicule rouge fonce à sens inverse vers moi. Une madame assez âgée roule tout bonnement dans la voie de gauche de la 1o-E à 100 km-h. Voilà pour la partie sénile.

Le véhicule dans la voie de droite s’enfonce dans l’accotement, me laissant de la place pour me remettre dans la voie de droite, fort heureusement. L’autre dérangée passe à côté de nous avec un air vraiment hargneux, nous envoyant presque chier d’être dans SON chemin. Voilà la partie de conne.

 

Beaucoup de gens m’ont commenté le texte “Bitume et aïeul”. Je vous remercie. Je suis aussi très en accord avec ce que j’ai écris. Par contre, des événements prouvent à quel point j’ai encore raison d’exécrer certains ti-vieux.

juillet 27, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | Pas encore de commentaires

Les oiseaux se cachent pour mourir

Pis baptinse, mon char leur semble la meilleure cachette qui puisse exister. C’est traumatisant de revenir du travail à 8h00 le matin, quelque peu endormi, et de percuter des oiseaux en plein vol.

Mon décompte en une semaine : un corbeau (pas une corneille, un corbeau) et l’équivalent en grosseur d’un merle, mais avec la vitesse et le temps jouant contre moi, dur à certifier.

My two cents

juillet 26, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | Pas encore de commentaires

Citation III & autres

“Si le Québec se sépare, ça sera pu l’Québec. Ça va devenir plein de Juifs. Ça va être comme là-bas, en Israël, plein de Juifs pis d’Arabes.”

Contexte : Un mariage entre une Québécoise et un Tunisien et un des Québécois a sorti ce bijou. En passant, un message d’intérêt public qui s’adresse à lui ainsi qu’à tous les ignares de la Terre : un Arabe est originaire d’Arabie. Lorsqu’on vient de Palestine ou de Tunisie, on s’avère être un Palestinien ou un Tunisien. Si vous voulez à tout prix les regrouper sous une bannière sociale commune, vous avez plus de chances (et vous pouvez encore vous trompez) en parlant de musulmans. Vérifiez tout de même.

 

Autre contexte, il s’agit simplement de deux petites citations tirées de livre que je viens de lire. La première provient d’un livre un peu bonbon mais ô combien divertissant qui raconte les anecdotes d’un Anglais qui doit travailler un an complet en France et son adaptation à ses voisins d’outre-manche.

“Le sexe est une chose aussi merveilleuse que la champagne. Cependant, donnez chaque jour à un homme quatre bonnes coupes de celui-ci et il finira bien vite par fantasmer sur un simple verre d’eau.”

La seconde provient du premier roman d’Edgar Allan Poe, qui semble-t-il, ne fut définitivement pas un succès à l’époque. À dire vrai, elle provient de la préface qui aide à bien saisir l’essence du livre et on y présente une citation directe de Poe.

“Si vous êtes pendu, n’oubliez pas de tenir un journal de vos sensations. Elles vous vaudront dix guinées (ancienne monnaie anglaise) la page.”

juillet 24, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | Pas encore de commentaires

Insomnie

Un vieux texte trouvé parmi plusieurs reliques archaïques.  Messieurs, vous conviendrez que les  femmes ont parfois le don de troubler notre sommeil au plus haut point.

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Un plafond d’une blancheur terne. Voilà ce sur quoi je n’arrive plus à faire détourner mes yeux bien écarquillés. Mon horloge interne m’indique que cela doit bien faire plus d’une heure que mon esprit erre entre le domaine du rêve et l’éveil, sans jamais trouver définitivement la voie vers ce premier. Je parle de mon horloge interne puisque le cadran m’est désormais désuet. Les signaux rougeâtres illuminés qui s’imbriquent pour façonner et afficher les heures n’ont aucune véritable valeur dans ce monde dans lequel je me suis plongé.

 

Vous avez probablement déjà eu ouïe dire de l’expression «les minutes sont des heures, les heures deviennent des journées». Les gens en font habituellement allusion lorsqu’ils sont en état d’extrême ennui ou bien encore lorsqu’ils attendent avec la plus intolérable des impatiences un événement. Moi ? Je ne me lasse pas tant de cet état végétatif dans lequel je me retrouve, nuit après nuit. Je ne pourrais pas dire non plus que je me languis de trouver bientôt le sommeil. Pourtant, cette expression s’applique…elle s’applique aujourd’hui et pour tous les autres moments de ma vie qui précédaient mon sommeil.

 

Si vous saviez comme j’envie les esprits paisibles qui n’ont qu’à poser leur tête sur la moindre surface un peu molasse pour aussitôt sentir le poids de leur corps entier sur leurs paupières et s’adonner ainsi paisiblement dans les bras de Morphée. Je n’ai rien de l’insomniaque et ne leur jalouse absolument rien non plus. Je suis, comme des milliers d’autres, dans cet entre-deux, parmi tous ces petits gens paisibles dont le crâne trop garni empêche d’obtenir sommeil bien vite tant les infimes et ridicules problèmes d’une vie pourtant pas si compliquée viennent rebondir un peu partout.

 

Parfois, trop souvent même, je me surprends à souhaiter le véritable malheur. Un deuil douloureux, un cancer, une guerre, une infamie de quelque nature qu’elle soit, simplement pour avoir le droit de scander sur tous les toits ma souffrance méritée. À la moindre lecture de pareils mots, certains s’emporteraient, me jugeraient complètement débile de souhaiter telle chose, cracheraient sur l’ignare que je suis de refuser et d’oser souiller de mes seules paroles la chance que je possède d’avoir la santé, la vie, la tranquillité. À vous tous, j’acquiescerais humblement en vous disant que c’est l’ignorance de tel maux qui me fait penser ainsi. Je le reconnais mais je ne cesserai pas néanmoins de le penser, en poursuivant dans cette idée de me trouver aussi stupide de le faire.

 

Je m’égare…

 

Ce soir, je n’arrive pas à guider mon âme vers quelques heures salvatrices de repos pour une raison bien précise, une cause qui se répète de jour en jour. Elle a pris naissance ici-même, alors que je me débats et m’entortille complètement dans ce qui fût l’embryon de mes récents tourments. Je pourrais bien évidemment commencer à déblatérer sur cela, mais l’envie n’y est pas…pas maintenant.

 

Je divague encore et encore. J’entrecoupe un moment le fil des souvenirs qui défilent en continue dans mon esprit, frappé par une évidence encore plus grande que la lune. Dans le vestibule, j’ai vu la lumière s’allumer, puis s’éteindre. Quelle formidable réflexion cela m’a-t-il apporté ! Lorsque le soleil se cache, l’âme humaine se dévoile pleinement. Combien êtes-vous, sommes-nous, le matin, à enfiler, partiellement ou entièrement, un grotesque costume, à maquiller nos visages de fausses expressions, à ponctuer nos comportements d’une manière ou d’une autre ? Qu’en serait-il dans un monde plongé dans la noirceur suprême ? Ce n’est pas pour rien que la nuit inspire autant la crainte. Elle nous donne l’illusion de l’invisibilité, de la permission absolue, agissant comme un écran intangible qui nous met à l’abri de tout jugement, physique ou moral. À ceux qui l’associent à la mort, à la sournoiserie, la perfidie, la crainte, je leur réponds qu’elle est pure, sincère, apaisante. Dans les silences de la nuit, seules nos interventions peuvent venir briser l’aphasie installée, les gens osent enfin se dire clairement ce qu’ils conservent régulièrement pour eux, se servant du brouhaha provoqué par le tumulte du train-train quotidien pour combler le mutisme habituel. Plus aucun artifice n’est nécessaire, la noirceur masque les imperfections, elle a même plutôt tendance à les amplifier, on se met complètement à nu, de corps et d’âme. Quant à la chaleur réconfortante que procure le soleil, le satellite lunaire a considéré qu’il fallait mieux laisser aux humains le soin de se réchauffer entre eux.

 

Le plus drôle demeure que c’est probablement lorsque je me trouve le plus éclairé que vous auriez tendance à y voir une folie, une incohérence ou la moindre incongruité dans mes pensées.  C’est bien souvent en confrontant la simplicité des uns que née la complexité des autres.

 

MON DIEU!! Un engourdissement dans les muscles oculaires qui se relâchent dangereusement, un hébétement croissant dans mon esprit, te voilà enfin ! Il faut croire que tu en avais beaucoup d’autres à visiter avant moi, mon cher Morphée mais approche que je me blottisse dans tes bras. Tu ne veux pas ? Qu’une dernière fois…

juillet 24, 2009 Posté par chacalvc | Uncategorized | | Pas encore de commentaires